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Le peintre André Philibert n’a œuvré que quelques années dans le milieu de la BD, mais son bref passage fut néanmoins marquant.
Dessinateur et peintre, André Philibert est né à Montréal en 1944. Il étudie à l’Institut des arts graphiques de 1963 à 1965 avant de suivre, en 1966, un stage de perfectionnement à l’École des beaux-arts de Montréal. En 1968, il réalise une première exposition solo et est boursier du Conseil des arts l’année suivante.
En mai 1970, il réalise ce qui deviendra le premier album moderne de la BDQ : Oror 70 (celle qui en a marre tire). Cet album est un reflet de la jeunesse d’alors et du vent de rébellion qui souffle sur le Québec de la Révolution tranquille. Publié à compte d’auteur aux Éditions du Cri, le tirage initial de 1 000 copies s’envole rapidement. André Philibert a défrayé la moitié des coûts de l’impression de son album, soit 300$, le reste étant assumé par l’éditeur. Oror a connu deux impressions : une en couleurs (monochromie) et une autre en noir et blanc. En 1971, Philibert dessine une seconde aventure de son héroïne pour la revue sherbrookoise Ma®de in Kébec (nos 3 et 4).
Entre-temps, quelques mois après la parution d’Oror, les Éditions du Cri lancent La Baboune, un journal de 12 pages de BD, de dessins et de textes dont la devise est Faites la moue et non la guerre. En plus de Philibert, y collaborent Robert Lalonde, Pierre Cadieux, Michel Bujold, les frères Gladu, Pierre Rambaud et d’autres. Ce journal, déficitaire, ne connaîtra toutefois qu’un seul numéro. Mais Pierre Rambaud reprend le flambeau et lance le magazine BD en mai 1971. Pour les deux premiers numéros, André Philbert réalise Elle était dans l’Ouest et Espace 2, deux histoires sans suite.
En 1972, André Philibert s’installe à Chartierville en Estrie (où il vit toujours). Il publie alors, aux Éditions Opus 3, La Transquébécoise, un fascicule de 12 pages de BD qui dénonce l’inertie du gouvernement face au besoin criant d’une nouvelle autoroute en Estrie.
Il se consacre désormais à la peinture figurative et semi-figurative, privilégiant l’acrylique sur toile. Plusieurs critiques le surnomment «le peintre de la nuit», car ses tableaux se caractérisent par l’utilisation des divers tons de bleu. André Philibert aime représenter dans ses paysages paisibles et réconfortants, ce bref instant qui sépare le soir de la nuit, cette heure fugace entre chien et loup. On y retrouve souvent une fenêtre éclairée, qui brille dans la nuit telle un phare.
Les œuvres d’André Philibert font partie de nombreuses collections privées au Canada, aux États-Unis ainsi qu’en Europe. Il a réalisé plusieurs expositions seul ou en groupe. Au cours de sa carrière, André Philibert a reçu de nombreux prix. Il a été récipiendaire du Premier Grand Prix au Salon international de la Peinture de Sherbrooke et lauréat du Prix Spécial René Huyghes pour le Renouveau en la peinture au Canada en 1983. En 1998, il a reçu le premier prix à l’Expo-concours de la ville de La Prairie, dans la catégorie des peintres professionnels.
Bibliographie
Oror 70 (celle qui en a marre tire), Montréal : Éd. du Cri, 1970, 52 p.
La Transquébécoise, une histoire bien de chez nous, Sherbrooke : Éd. Opus 3, 1972, 12 p.
Sur André Philibert
De ROUSSAN, Jacques. Philibert, les couleurs de la nuit = Philibert, night colours, night lights, Pointe-Claire : Roussan éditeur, 1990, 96 p.
Cette page
a été réalisée grâce à la collaboration de Michel Viau pour le texte
et la recherche (Copyright © Michel Viau) et de Sayman
Phanekham pour la mise en page.
Veuillez noter que toutes les illustrations et bandes dessinées présentées
ici sont Copyright © André Philibert
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