Avec son style précis, élégant et racé, Henri Julien est le plus célèbre illustrateur du Québec de la fin du 19e siècle. Ses œuvres sont reproduites tant dans les journaux du Québec, que dans ceux du Canada anglais, de la France, de l’Angleterre et des États-Unis.
Vers 1869, Henri Julien devient illustrateur pour la compagnie de Georges-Édouard Desbarats qui publie, entre autres, le Canadian Illustrated News et L’Opinion publique. En 1874, il accompagne un détachement de la Gendarmerie royale expédié dans le Nord-Ouest canadien afin d’enrayer la contrebande d’alcool et en rapporte un reportage dessiné qui est publié dans L’Opinion publique du 30 juillet 1874 au 25 février 1875. Tout en étant à l’emploi de Desbarats (il y reste jusqu’en 1888), Julien mène de front plusieurs autres carrières. De 1878 à 1879, il collabore au journal satirique Le Farceur de Montréal. En plus d’en avoir créé le bandeau, Julien y réalise, dès le premier numéro, des caricatures politiques. Celles-ci se présentent comme de grands portraits entourés de petites cases narrant les déboires du politicien visé. Un album d’une dizaine de pages regroupant certaines de ces caricatures paraît à Montréal entre 1879 et 1884. Sous le pseudonyme d’Octavo, il signe également des histoires humoristiques illustrées de nombreux dessins. À la même époque, il participe aussi au journal humoristique Le Grelot.
En 1888, Henri Julien passe six mois à New York, à son retour, il est engagé par sir Hugh Graham et devient le directeur artistique du quotidien anglophone The Montreal Star. Il est le premier caricaturiste engagé à temps plein par un journal. Henri Julien occupera ce poste jusqu’à son décès.
Henri Julien est le premier artiste québécois à avoir rayonner à l’extérieur des frontières du Québec. Au Canada anglais, Julien a collaboré au Canadian Illustrated News, au Dominion Illustrated, au Favourite, au Jester et au Grip. Ses dessins et ses illustrations sont repris dans plusieurs périodiques étrangers. Le Harper's et The Century Magazine aux États-Unis; L'Illustration et Le Monde illustré en France ainsi que The Graphic en Angleterre ont tous agrémenté leurs pages de ses œuvres. Aucun autre illustrateur québécois de l’époque n’a connu une telle reconnaissance à l’étranger si ce n’est Palmer Cox, le créateur des Brownies. Le 17 septembre 1908, Henri Julien s’écroule, rue Saint-Jacques, terrassé par une crise cardiaque. Un ouvrage posthume, simplement intitulé Album, et rassemblant plusieurs de ses dessins paraît aux Éditions Beauchemin en 1916. Vingt ans plus tard, en 1936, une exposition de 125 de ses dessins circule à Montréal, Québec, Ottawa et Toronto, puis, en 1938, le Musée des beaux-arts du Canada lui consacre une exposition. Une première pour un caricaturiste. En octobre 1970, un dessin d’Henri Julien, tiré d’une série sur la rébellion de 1837, connaît une notoriété soudaine et plutôt inusitée : il se retrouve sur les messages que le FLQ fait parvenir aux médias! Une rue de Montréal porte aujourd’hui son nom. Bibliographie BARBEAU, Marius. « Henri Julien », Le Samedi, 23 mai 1942, p. f-g. GLADU, Paul. Henri Julien, Montréal : Lidec Inc., 1970, 40 p. (collection Panorama) GUILBAULT, Nicole. Henri Julien et la tradition orale, Montréal, Boréal Express, 1980, 202 p. KAREL, David. Dictionnaire des artistes de langue française en Amérique du Nord, Québec, Musée du Québec, Les Presses de l'Université Laval, 1992, p. 425 MARSH, James. « Julien, Octave-Henri », L’Encyclopédie canadienne Historica, [en ligne : www.thecanadianencyclopedia.com]. WERTHAM, William C. et W. Stewart MacNUTT. Canada in Cartoon, Éd. Brunswick Press, Fredericton, Nouveau-Brunswick, 1967, 216 p. Cette page
a été réalisée grâce à la collaboration de Michel Viau pour le texte
et la recherche (Copyright © Michel Viau) et de Sayman Phanekham pour la mise en page.
Les illustrations et bandes dessinées présentées ici sont du domaine public.
|