Au début des années 1980, la maison d'édition Héritage, qui publie alors plusieurs versions françaises de comic books américains, propose dans une chronique de critiquer et conseiller les bédéistes en herbe. Grand amateur de superhéros, André Poliquin, né en 1966, fait parvenir en 1982 une première courte histoire. À sa troisième tentative, Poliquin verra son œuvre publiée ainsi que toutes les autres qui suivront de 1983 à 1985. Deux séries, Stranox et Escadron Delta, seront publiées en complément dans les comic books Iron Man, Daredevil, Les Vengeurs, X-Men 3 en 1 et Star Wars 3 en 1.
Lorsqu'Héritage décide de changer le format de ses comic books, éliminant du coup les pages excédentaires dans lesquelles les BD de Poliquin sont publiées, celui-ci créé sa propre maison d'édition, Les Éditions Anderpol. De juin 1985 à mai 1986, il y publie cinq numéros de sa revue de bandes dessinées, Phoenix. Tiré à 5 000 exemplaires et distribué dans tout le Québec, Phoenix publie la suite des deux séries débutées chez Héritage. Mais faute de pouvoir faire ses frais, Phoenix cesse de paraître à son cinquième numéro.
Puis, entre 1986 et 1988, Poliquin réalise plusieurs histoires courtes de fantastique et de
science fiction en français (51 pages) et en anglais (37 pages) pour un magazine qui ne verra jamais le jour, faute d'argent encore une fois. De 1990 à 1991, André Poliquin poursuit son travail mais cette fois pour le plaisir. Les histoires réalisées au cours de cette périodes sont publiées occasionnellement dans des revues telles Exil et Warp.
Entre temps, en 1988, André Poliquin lance sur le marché américain une version anglaise de l'Escadron Delta rebaptisée pour l'occasion Delta Squadron et publiée par sa propre maison d'édition dans un comic book éponyme. Certains personnages sont éliminés tandis que d'autres sont transformés et que de nouveaux s'y ajoutent. Il doit cesser la publication après seulement deux numéros pour les mêmes raisons qui ont motivé l'arrêt de Phoenix, sa première revue, car à cette époque, le marché des comic books en noir et blanc est tombé très bas.
La même année et jusqu'en 1989, André Poliquin réalise, grâce à une subvention du Programme Jeunes Volontaires, une étude du marché de la bande dessinée. Suite à cette étude, il décide de viser le marché européen et adopte un style humoristique et caricatural.
Il réalise alors une première version en 62 pages de Alphonse et le harfang magique qu'il présente en Belgique, grâce à l'Agence Québec-Wallonie/Bruxelles pour la Jeunesse, à divers éditeurs tels Casterman, Dupuis, Glénat, etc. ainsi qu'à des auteurs comme Bob De Moor, Gos, Charles Jarry, Daniel Kox, etc. Cette première version d'Alphonse est publiée au Collège Ahuntsic en 1992, à titre de projet de fin d'études en photolithographie.
Pour le Courrier de Saint-Hyacinthe, il réalise, de 1989 à 1990, deux bandes dessinées publiées en feuilletons hebdomadaires.
Il y devient également le caricaturiste attitré. Dans ces deux histoires fantastiques, intitulées Le Fantôme maskoutain et Hantise dans la ville, André Poliquin s'amuse à faire jouer de petits rôles à des personnages de l'Escadron Delta. En 1993, il réalise en collaboration avec Marc Jetté le synopsis détaillé et illustré d'un projet de minisérie intitulé Narwhal, Monarch of the Arctic Sea et plus tard, cette fois seul, un autre projet du même ordre intitulé Shadow Force.
Dès 1992, André Poliquin travaille sur l'album Généalogie, qu'il termine en 1995, et qui révise entièrement les origines des personnages de l'Escadron Delta. Suite à cet album, il réalise, depuis 1997, une minisérie de l'Escadron Delta, en huit parties, inspirée par les origines et intrigues amorcées dans Généalogie.
Son ami Marc Jetté (auteur du livre Censure et bande dessinée américaine) se montre intéressé à publier Alphonse et le harfang magique dans son magazine Jean Nendur et compagnie, mais comme Poliquin tient à lui fournir du matériel récent et puisque personne, ou presque ne connaît l'histoire originale, il décide donc de ne pas en faire une suite mais bien une nouvelle version revue et améliorée. Il réalise donc, de 1994 à 1996, une nouvelle version d'Alphonse et le harfang magique.
Toujours pour Jean Nendur et compagnie, il publie en feuilleton, de 1996 à 1998, Les Égrégores de l'Atlantide, premier tome d'une nouvelle trilogie intitulée Les aventures surnaturelles d'Éric Brouillard et le cycle des continents engloutis. Poliquin espère réaliser les deux autres tomes dans les années qui viennent. Le tome 2 s'intitulera Le Dragon de Mû et le suivant Le Kraken d'Hyperborée. Une série parallèle, reliée au Cycle des Continents Engloutis ainsi qu'à l'Escadron Delta, paraît présentement dans ce magazine sous le titre de Chikara. C'est une minisérie qui fait suite à la BD publiée dans un recueil collectif Vampires, édité en 1998, par Marc Jetté, pour souligner le centième anniversaire de parution du roman Dracula de Bram Stoker.
Entre 1990 et 1999, André Poliquin produit et réalise quatre long-métrages en format vidéo basés sur ses bandes dessinées de l'Escadron Delta et mettant en scène acteurs et actrices en costumes, cascades, effets spéciaux et le reste. Le tout débute comme une adaptation plus ou moins sérieuse de la BD puis se transforme, pour le quatrième long-métrage de 105 minutes, en comédie/parodie mélangeant films de superhéros américains, films d'arts martiaux orientaux, films d'horreur et de lutteurs masqués mexicains, parodiant même le film Parc Jurassique et les films d'extra-terrestres américains des années 1950! Le tout servi à la sauce série B à micro budget. Ses BD inspirent ses films et, à leur tour, ses vidéos inspirent ses BD!