(parcours d'un bédéiste en ce pays)


Robert Julien Dans le bruit et la fureur d'un Orage d'août, je naquis. C'était à l'heure de la traite en cette fin d'après-midi d'il y a un peu plus de quarante ans. Sur la terre familiale, je vécus cinq ans en autarcie avec mes parents et grands-parents. Quand ces derniers déménagèrent au Village, l'ouverture sur le Monde s'amorça. Monde que déjà la télévision me montrait comme aventureux (Radisson, Robin des Bois, Ivanhoé, Rin-Tin-Tin…), fantastique (L'Homme Invisible, Ti-Jean Caribou, Le Grand Duc…), imaginaire (Popeye, Roquet Belles Oreilles…), burlesque (Chaplin, Keaton, les Keystone cops de Mac Sennett…) ou poétique (La Boite à surprises).

Je me mis à transformer tout ça dans mes jeux et, déjà, mes dessins. Mais c'est par ma tante Madeleine que la BD entra vraiment dans ma vie. Je retrouvai tout ce Monde concentré dans cet Art, au début au travers des aventures de Martin le Malin et celles de Tintin dont ma tante me fournissait quelques épisodes à chaque Noël. Puis, par hasard, je montai un jour au haut du fournil, seul lieu de la maison où je n'avais encore jamais mis les pieds, pour découvrir, dans des piles de vieux journaux, les histoires du Fantôme, Terry et les pirates et autres, du temps de la jeunesse de mon père!… Mes Horizons venaient de s'élargir à tout jamais.

Je me mis à transposer en BD les aventures de Tintin qui paraissaient quotidiennement à l'émission de Bobino. Je fis quelques épisodes inspirés d'une série western diffusée à l'époque, dont j'oublie le nom, en y intégrant Zorro. Voyage au fond des Mers eut aussi droit à une adaptation… Je créai bien sûr quelques personnages éphémères (Louis Viking, Salomon Sigmund, Neuville Lafonte…).

Le bruit et la fureur du Monde me happèrent pourtant et je n'émergeai que pour renouer avec cet Art par Pilote, (À suivre), Circus et Métal Hurlant interposés. C'était l'overdose et je ne m'en remis jamais. De cette période (années 80) découle le style qui ne me quitte à peu près plus, soit le crayon de plomb combiné à diverses techniques.

Je décortiquai alors cet Art pour tenter d'en comprendre les rouages. Finalement, c'est lors d'Angoulême XIII que je fis le grand saut. Je m'inscrivis au concours pour amateurs Alfred Avenir dont je fus un des finalistes cette année-là.

Suivirent les années où je participai à Solaris : Phase IV (Prix Solaris 1992 - No 102), Le Chercheur de Vérité (Finaliste en 1996 - No 119), Le Chemin de traverse diabolique (Collaborateur en 2000 - No 132). Apparition également dans le défunt " Zeppelin " - No 3, avec trois courtes histoires (Préambule, Partie de Sucre et Brobdingnag). Je mis l'épaule à la roue de la S.C.A.B.D. (sa fin n'en est pas une, nous l'espérons…).

Malgré une inconstance et un esprit bohème, c'est présentement une période d'écriture/scénarimage qui accapare une partie de mon temps; quelque chose de longue haleine sur un personnage de toujours qui refait surface dans mon imaginaire après une éclipse salutaire… à tous les deux. Titre provisoire : Le Quêteux des Beaux Jours.

Robert Julien           


Cette page a été réalisée grâce à la collaboration de Robert Julien.
Veuillez noter que toutes les illustrations et bandes dessinées présentées ici sont
© Copyright Robert Julien 1999-2002.