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Rémy Simard est né à Roberval en 1959. Enfant, il dévore les albums de Michel Vaillant et rêve de devenir pilote de course. Il s'initie à la BD en recopiant des dessins de ses auteurs préférés (entre autres André Franquin). Mais, c'est plutôt vers la politique qu'il oriente ses études. Il publie plusieurs pages de BD, au dessin tout en rondeur, dans un numéro spécial de Continuum, revue étudiante de l'Université de Montréal. Ce numéro de Continuum, lancé lors du quatrième Festival international de la bande dessinée de Montréal en 1978, regroupe des bandes de Rémy Simard (qui signe Rem), de Stéphane Delaprée (futur fondateur de Bambou), de Gilles Dugas (qui collaborera au Petit Supplément Illustré, puis à Titanic) et de quelques autres.
Diplôme de sciences politiques en poche, il suit les conseils d'un ami et présente ses dessins à la maison d'édition scolaire Études vivantes. Il y décroche son premier contrat et illustre quelques volumes éducatifs de la collection
Au début de 1982, Rémy Simard présente des gags en une page dans les numéros 4 et 6 de Cocktail, revue où publie déjà Jules Prud'homme. Lorsque Cocktail cesse de paraître, ils réalisent ensemble une série intitulée La Sœur violente, publiée dans la revue humoristique Croc.
Commence alors l'aventure de Titanic. Rémy Simard y signe Zaza Dabord, récit policier sordide qui se déroule dans le milieu du cinéma. Zaza Dabord paraît dès le nº 1 (octobre 1983) et se termine au nº 8 (juin 1984). Les 36 pages de cette BD n'ont jamais été reprises en album. Le dessin de Rémy Simard, de plus en plus stylisé, y perd de sa rondeur et devient plutôt angulaire.
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À la fin de 1984, paraît le premier album de la série Ray Gliss, Fraude électrique, aux éditions Ovale. Cette série policière, destinée aux jeunes lecteurs, est écrite par François Benoît. Ray Gliss est un critique de rock élevé par les Hell's Angels, qui vit des aventures trépidantes en compagnie de Léopold, son ami amateur d'opéra, et de la sœur de celui-ci, Anne-Lyse, une crac de l'informatique. Un deuxième album, Le Cloître de New York, paraît deux ans plus tard, puis la série cesse malgré les efforts de Rémy Simard qui tente de nouer des liens en Europe et de s'y faire connaître.
Bien que la BD soit sa principale passion (il participe occasionnellement à Croc, où il réalise quelques planches seul [Trame de guerre, Livingestone, againe, etc.] ou en collaboration avec Pierre Pratt [L'Homme orignal]), Rémy Simard poursuit toujours une brillante carrière d'illustrateur. En 1985, il illustre deux volumes écrits par Lyse Côté-Hébert pour les éditions Études vivantes : Le club des idées neuves et Amie ou ennemie? (collection «
Puis, en 1989, il y publie, sur un scénario de Philippe Chauveau, un premier album de BD, Les Momie's. Cet album, de format à l'italienne, raconte les péripéties de deux journalistes, John Collins et Jim Gimlet, partis au Caire interviewer des momies et qui se retrouvent en plein complot terroriste. Le dessin de Simard y est plus angulaire que jamais et il utilise abondamment les trames de gris. Les Momie's a été repris en France dans le magazine Circus des éditions Glénat. À la même époque, Simard réalise un strip hebdomadaire pour Voir, périodique socio-culturel montréalais.Les éditions du Kami-Case ont été créées originellement par Rémy Simard pour y publier ses propres BD. Néanmoins, au fil du temps, il accueille plusieurs autres auteurs qui y font paraître leurs œuvres : Claude Cloutier (Gilles La Jungle contre Méchant-man, 1989 et La Légende des Jean-Guy, 1995), Caroline Merola (Ma Meteor bleue, 1990; La Maison truquée, 1994; Frisson d'humour, 1996; et Le Rêve du collectionneur, 1998), Garnotte (Pauvres riches et autres contradictions, 1990), Jean Lacombe (L'étrange, 1995 et Un loup pour l'homme, 1997) et Benoît Joly (Exit, 1999). En 1994, les éditions du Kami-Case sont rachetées par les éditions du Boréal. Toutefois, Rémy Simard continue à y jouer le rôle de directeur.
En 1989, le démon de la politique revient hanter Rémy Simard. Il est élu président de l'ACIBD (Association des Créateurs et Intervenants de la Bande Dessinée) et succède ainsi à Pierre Fournier. La décennie 1990 marque un virage important dans la carrière de Rémy Simard. Alors qu'il cherche un livre rigolo à lire à son fils aîné, il constate la sécheresse et le manque d'humour des ouvrages destinés à la jeunesse. Il décide alors d'écrire et d'illustrer lui-même un livre pour enfants, Le Voleur de voix (1991), premier tome de la série Roberval Kid. D'autres aventures de Roberval Kid suivent bientôt : Les tracteurs sauvages (1992), Roberval Kid et la ruée vers l'art [qui contient plusieurs pages de BD] (1993) et Le drôle de Noël de Roberval Kid (1994).
Malgré cette nouvelle occupation Rémy Simard ne délaisse pas le dessin pour autant. Au cours des années 1990, il illustre plusieurs livres pour enfants, tels Une araignée sur le nez de Philippe Chauveau (1990), Les Vaches voyageuses de Guylaine LeBel et Martine Daignault (1991), Rouli-roulant, Rouli-roulante de Mimi Legault (1991),
Malheureusement, Rémy Simard est moins présent sur la scène de la bande dessinée. Tout ce débordement d'activité (littéraire et graphique) lui laisse bien peu de temps pour la BD.
Auteur, dessinateur, éditeur, Rémy Simard est une figure incontournable de la bande dessinée québécoise. Si ses bandes dessinées se font plus rares, il n'en demeure pas moins que chacun de ses albums est un véritable délice, tant par le récit que par les dessins.
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