Les textes de cette chronique sont ©copyright Marc Jetté 2004 et ne peuvent être reproduits sans sa permission.

ANDRÉ POLIQUIN

André Poliquin a toujours été un artiste prolifique. À preuve, depuis la publication du dernier Jean Nendur et Compagnie, pas moins de 5 publications ont été diffusées à compte d'auteur par notre estimé collaborateur et ami, fidèle compagnon de la première heure. Sans perdre un instant, énumérons-les.

ESCADRON DELTA nos. 5/6 et 7/8 : 2 numéros doubles ont clos la mini-série de l'Escadron Delta, la force de frappe anti-terroriste secrète du Québec. Nous avons eu droit dans ces pages à quelques surprises concoctées par maestro Poliquin. Ainsi, des pages dessinées il y a quelques années et qui n'avaient pas été réalisées pour le projet ont été retravaillées afin d'y prendre place quand même. Deux chapitres de l'histoire sont des "photo-comics", c'est à dire que M. Poliquin a pris de nombreux clichés de figurines achetées en magasin et transformés par ses soins en ses propres personnages et placés dans différents décors. Les photographies développées sont devenues des images que M. Poliquin a placées sur la page comme des cases. Enfin, le dernier numéro se double d'un "Spécial costume de bain" où les personnages, en illustrations pleine page, se retrouvent en tenue légère sur un bord de mer. Des artistes variés ont été invités à les dessiner.

C'est avec plaisir qu'on retrouve au sommaire Sylvain Mercier, qui présente une nouvelle fois un récit complet jumelant ses personnages de la famille Kikapote à ceux de l'univers Anderpol. Cette histoire, intitulée La vengeance de Zendo, possède les mêmes qualités que son aventure précédente. Si certains personnages dessinés par M. Mercier sont plus conventionnels, comme le sont les combats qui les opposent, il en crée en revanche de nombreux autres au physique des plus originaux. J'avoue ne pas approuver la nudité triomphante de certains personnages, ce que l'on retrouve aussi dans les pages de M. Poliquin pour cette série, mais qu'ai-je à en redire? Je pense que c'est un choix pleinement assumé par les deux artistes.

Des pages de croquis inédits démontrent tout le travail de préparation et toute l'ampleur de l'imagination de M. Poliquin. C'est à en rester confondu, tout en étant bien agréable à regarder.

TABARNACO : Le personnage de l'Escadron Delta, Louis Séguin, de son nom de code Lynx, est au départ un personnage tragique défiguré par une grenade lors de la guerre du Vietnam. M. Poliquin en présente aussi une version loufoque lorsqu'il le fait se déguiser en lutteur de paroisse nommé Tabarnaco. Voilà que son auteur accorde à ce zigoto son propre numéro spécial. Cette publication présente à son mieux la veine humoristique, grinçante et satirique de l'artiste. C'est très drôle et fort divertissant, je dois dire, si la veine résolument populiste du tout (ça sacre en tab...) ne vous effraie pas.

Présenter plusieurs histoires courtes est une excellente formule pour ce personnage violent, vulgaire, blasphémateur, et borné. Un récit raconte comment Séguin est devenu un lutteur masqué; un autre, comment il s'est adjoint un "side kick" silencieux mais sympathique; un autre encore, comment il rencontre la Mort, le Diable, et Dieu, le tout, sans trop de métaphysique. On voit aussi dans une quatrième histoire la charmante Féline, autre personnage de l'Escadron Delta, en pleine action contre un trio de minables qu'elle expédie à l'hôpital en deux temps trois mouvements. Et crunch! Pas à dire, Lynx et Mademoiselle Féline en mettent plein la vue (Mademoiselle Féline surtout). Voilà deux personnages qui gagnent à être jumelés. La rumeur veut que M. Poliquin nous concocte un autre numéro de cette série bien spéciale. Si la formule reste la même, nous en auront certainement pour notre argent. Tabarnaco mucho porco, mucho nono mais mucho rigolo! À suivre, caramba pi tab...!

UNDERPOL : Dans la même veine a paru Underpol, une compilation de la production underground de l'auteur, ou de ce qui s'en rapproche le plus, selon ses mots. Récits complets et illustrations diverses sont au menu. Une autre facette de l'oeuvre de M. Poliquin, qu'il a longtemps tenue secrète, mais qui démontre combien il a une imagination débordante. J'ai bien aimé!

ANDRÉ POLIQUIN, CARICATURISTE : Enfin, a été publié un recueil des meilleures caricatures parues dans le Courrier de Saint-Hyacinthe, un journal auquel M. Poliquin contribue à chaque semaine depuis 1989. Certains gags font référence à des temps révolus, comme ceux des coupures budgétaires gouvernementales, tandis que d'autres, qui commentent des événements locaux, sont évidemment impossibles à comprendre. Quoi qu'il en soit, chaque caricature est agréable à regarder parce que M. Poliquin utilise un style de dessin simple à la ligne épaisse qui s'impose au regard.

En regardant ces oeuvres, on mesure tout le talent de leur auteur, qui dessine avec facilité des décors variés et qui s'en tire plutôt bien avec ses portraits, un art des plus difficiles. L'on ne s'étonne pas qu'il ait gardé son poste aussi longtemps. L'artiste se plaît à dénoncer les injustices et démontre comme il se doit un esprit critique incisif, notamment envers les politiciens, cible idéale de tout caricaturiste qui se respecte. Chose amusante, M. Poliquin parsème ses oeuvres des personnages de ses bandes dessinées. Saurez-vous les reconnaître?

Notons en terminant que M. Poliquin est lui aussi publié à l'occasion dans MensuHELL, chaque fois avec beaucoup de succès, et qu'il prépare un recueil des histoires courtes de Chikara, personnage féminin voyageant entre les dimensions et que les lecteurs de Jean Nendur et Compagnie connaissent bien.

Marc Jetté



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AH! CES ARTISTES!, par Marc Jetté

  - ANDRÉ POLIQUIN, 13 janvier 2004
  - CHRIS DENO, 5 novembre 2003
  - ALEXANDRE CLOUTIER-TURCOTTE, 6 octobre 2003
  - BONHOMME, 7 septembre 2003
  - JIMMY BEAULIEU, 6 août 2003
  - AL+FLAG, 10 juillet 2003



ARCHIVES BD
À chaque semaine, une planche de BD par un des pionniers de la BDQ.

CENSURE À LA BIBLIOTHÈQUE DE GATINEAU, par Charles Montpetit
Le 4 septembre 2001, à la demande d'une citoyenne, l'Hôtel de ville de Hull (aujourd'hui Gatineau) adoptait un règlement obligeant la bibliothèque municipale à ranger les albums BD pour « lecteur averti » dans une pièce à part, accessible par les employé(e)s seulement.

ENTRE NOUS, par Marc Jetté
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