Michel Pleau: Pour commencer, peux-tu nous dire pourquoi tu as décidé de te lancer dans le domaine de la BD?
Louis Paradis: Je suis fasciné depuis ma prime enfance par la bande dessinée. L'image a toujours eu sur moi un impact terrible.
MP: À quel âge as-tu commencé à dessiner vraiment de la BD professionnellement?
LP: À 15 ou 16 ans. Mon premier album, je l'ai réalisé dans cet âge (44 pages)
MP: avec quel outil tu travaillais?
LP: La plume même pour ligner les cases... Pauvres cases...
MP: HéHé.. Et maintenant?
LP: Je travaille surtout au pinceau, le feutre quand je dois produire très rapidement et parfois la plume.
MP: donc, c'est à 15 ou 16 que ta première publication a paru... Puis-je savoir combien d'albums ont été vendus?
LP: Probablement une centaine sur 500, pauvre lecteur! Je suis encore surpris aujourd'hui que des gens ont put ce taper cet album très naïf. Mais que je ne renie pas car je l'ai réalisé dans le meilleur de moi-même à ce moment-là! En tout j'ai fait 12 $ de profit...
MP: Revenons a tes débuts, quel a été ton auteur ou tes auteurs préférés en Europe?
LP: Hergé...... et Hergé..... et Hergé.... Je n'ai connu Astérix que vers 9 ans à cause d'un accident. Une de mes tantes m'avait donné 2 albums à l'hôpital. Mon premier album est " coke en stock " que mon père m'avait acheté vers l'age de 4 ans.
MP: et est-ce que tu t'intéressais à ce qui se faisait au Quebec?
LP: J'ai toujours essayé de lire la production québécoise si maigre soit elle. Je suivais l'homme impossible de Theriault publié dans Le Soleil.
MP: et maintenant, en Europe, et au Québec, tu as de nouveaux goûts?
LP: J'adore Juilliard, Moebius/Giraud, Bilal, Caza, Vandersteen en fait je trouve qu'il y a une grande variété de talent. je trouve toujours grands plaisirs à lire la bd pour petit et grand. Cependant il est plutôt difficile de trouver un équivalent Moebius ou Julliard au Québec. En fait, ce qui manque c'est une grande série. Le jour où cela arrivera, j'ai l'impression que des portes s'ouvriront pour nous.
MP: Tu es impliqué avec le fanzine Zine Zag, quel y sera ta collaboration?
LP: Pour Zine Zag je vais publier un album "Le manteau de Morgane ". En fait, ce sera la troisième version. Il a déjà été publié chez Lombard, un 6 planches.
MP: Une histoire de 6 planches?
LP: Oui, dans le magazine Jet, le magazine des nouveaux talents. Bob De Moor m'avait sélectionné, ce qui fut un honneur pour moi. Je travaille avec un scénariste professionnel français depuis déjà 10 ans, Philippe Aubert qui en a conçut l'histoire. L'album sera publié chez Oncle Lucien Éditions en France.
MP: Quel est l'entente que tu as avec cette maison d'éditions?
LP: C'est un album droit d'auteur. Mais il y la possibilité d'un voyage dans un salon de bd en France...
MP: Et est-ce une de tes réalisations les plus fiers?
LP: Je suis rarement fier de mon travail, Il y a toujours plein de petites choses qui m'agacent...
MP: as-tu des projets?
LP: Oui, j'ai des projets. Un projet avec Patrick Cothias. J'ai eu un essai sur Josué de Nazareth mais c'est un grand dessinateur espagnol qui a eu la série finalement chez Glénat. Alors, je dois préparer une démo pour convaincre l'éditeur et Cothias de me faire confiance. Tant qu'à faire cette démo je vais la donner à Zine Zag. Ce sera ma meilleure production à vie, du moins, je l'espère... Je suis aussi en attente chez Marvel , comme encreur. J'ai réussi à intéresser un éditeur de la Marvel. En fait l'éditeur ne prend que le risque financier de l'imprimerie. Moi, le risque de donner mon temps. J'encre actuellement la moitié d'un Comic Book "Warrior Bugs" pour un éditeur du Minnesota.
MP: À part dessiner, que fais-tu?
LP: Je lis de la bande dessinée. Je collectionne les Tarzan et les Prince Vaillant. J'ai environ 5000 volumes de bd et de revue. J'ai environ 200 romans de s.f. et de fantastique. National geographic, Playboy, des albums Spirou, Pif Gadget, Comic Book dont un très rare, j'ai aussi les premiers Astérix éditions originales qui sont également rares. J'ai pratiquement tous les Metal Hurlant et Heavy Metal, j'ai subi une très grande influence par ces revues. Je collectionne aussi les monnaies anciennes. Je fais beaucoup de badminton, le métier de dessinateur n'est pas très exigeant du côté cardio-vasculaire. J'ai aussi deux jeunes enfants qui m'accaparent beaucoup de temps. Et une blonde qui est bien patiente sur ce métier difficile. Bref, je suis un peu fou comme tous les collectionneurs.