Capitaine Kébec
« Est-ce un météorite ? Un boeing 747 ? Une soucoupe volante ? Un vulgaire moineau ? NON ! C'est le CAPITAINE KÉBEC »

C'est ainsi que débute la première aventure du premier et plus célèbre super-héros de la Bande Dessinée Québécoise. Créé par Pierre Fournier en 1972, le Capitaine Kébec est un drôle de super-héros : vêtu d'un vieux chandail de la Saint-jean, d'un casque d'aviateur, de lunettes de soudeur, d'espadrilles et d'une serviette de bain en guise de cape, il vole grâce à un peu de méditation et à l'absorption de substances, hum..., " illicites ". Capitaine Kébec
Dans sa première aventure, publiée en 1973 dans le comic book qui porte son nom, le Capitaine Kébec combat Frogueman, un ancien policier de Montréal irrité par le manque de respect que démontre la jeunesse, qu'il qualifie de crottée et de pas d'allure, envers les valeurs traditionnelles. Il est armé d'un fusil qui projette de la soupe aux pois sur ses ennemis et a pour objectif de détruire une station de radio qui diffuse " de la musique de sauvages ". Le combat se déroule dans l'indifférence générale, la police qualifiant les protagonistes de fous en costumes. En fait le seul admirateur du Capitaine Kébec est Christopher, un lecteur assidu de comic books, anglophone comme il se doit, qui lui sauvera la mise. Cette première aventure se termine sur un suspense qui ne sera jamais résolu puisqu'il n'y aura pas de numéro 2 des Aventures du Capitaine Kébec.

Mais ce personnage, devenu mythique, ne pouvait disparaître ainsi. Pierre Fournier y revient donc en 1984 dans les pages de la revue de bandes dessinées Titanic. Le Capitaine Kébec et JoséeCette fois nous apprenons qu'il n'existe pas qu'un seul Capitaine Kébec, mais qu'il s'agit d'un titre qui se transmet de génération en génération, la première apparition d'un Capitaine Kébec remontant à 1926. La dernière titulaire en est Josée, une jeune journaliste de la télévision, qui reçoit " le flambeau " des mains du Capitaine que nous connaissons, blessé lors d'un combat avec le Docteur Bébitte. Ce génie du crime est responsable, entre autres, de la hausse des taux d'intérêts, des pluies acides, de l'usure des voitures, des trafics de drogues et d'armes et rêve de conquérir le monde. Le seul obstacle à l'accomplissement de son projet diabolique est la présence du Capitaine Kébec. Croyant pourtant s'être enfin débarrassé de son ennemi juré, le Docteur Bébitte trouvera en travers de son chemin la nouvelle Capitaine Kébec !

À travers ces deux seules véritables aventures du Capitaine Kébec, celui-ci a toujours été un reflet de la société québécoise contemporaine. Dans la première histoire, publiée en 1973, le Capitaine est le produit de la contre-culture. Ce qu'il défend, ce sont les libertés individuelles, le droit au non-conformisme. Dans la seconde en 1984, il est symptomatique que ce soit une femme qui prenne sa place.

Précédé de quelques publicités (notamment dans la revue BD), le premier numéro des Aventures du Capitaine Kébec a été lancé le 11 septembre 1973 durant le " Show de la BDK " qui se tenait à l'Université de Montréal. Réalisé avec la collaboration de Jacques Hurtubise et Réal Godbout pour le scénario, ce comic book a connu un certain succès puisque sur un tirage de 18 000 copies, 12 000 se sont vendues (3 000 copies auraient été distribuées en Europe).Capitaine Kébec et le Capitaine Haddock d'après Fernand Choquette La seconde aventure du Capitaine Kébec a été publiée dans les numéros 5 à 7 de la revue Titanic (de mars à mai 1984). Gilles Desjardins et Réal Godbout ont participé à la rédaction du scénario. Le Capitaine Kébec est également apparu dans une planche " hors série " réalisée par Fern' (Fernand Choquette) dans L'Illustré no 8. Notre capitaine y fait la rencontre d'un autre capitaine célèbre, mille sabord ! Même André Franquin y est allé d'un petit clin d'œil au Capitaine Kébec, dans une case de la planche 811 de Gaston Lagaffe, celui-ci agrafe sur un mur un poster du Capitaine.

Très populaire dès sa première apparition, le Capitaine Kébec est devenu au fil des ans l'emblème de la Bande Dessinée Québécoise (ne le retrouvait-on pas, parmi d'autres, sur l'affiche de l'exposition que le Musée du Québec présentait en 1997 ?). Espérons que nous reverrons un jour ce personnage attachant et que si Pierre Fournier ne peux pas continuer, quelqu'un prenne la relève. En attendant une réédition des deux aventures du Capitaine Kébec serait la bienvenue et permettrait à une nouvelle génération de lecteurs de connaître enfin ce personnage légendaire.


Cette page a été réalisée grâce à la collaboration de Michel Viau pour le texte et la recherche (Copyright © Michel Viau).
Sauf indication contraire, les illustrations sur cette page sont de Pierre Fournier et © 2001 Pierre Fournier. Capitaine Kébec (MC) et © 2001 Pierre Fournier.