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| C'est ainsi que débute la première aventure du premier et plus célèbre super-héros de la Bande Dessinée Québécoise. Créé par Pierre Fournier en 1972, le Capitaine Kébec est un drôle de super-héros : vêtu d'un vieux chandail de la Saint-jean, d'un casque d'aviateur, de lunettes de soudeur, d'espadrilles et d'une serviette de bain en guise de cape, il vole grâce à un peu de méditation et à l'absorption de substances, hum..., " illicites ". |
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Dans sa première aventure, publiée en 1973 dans le comic book qui porte son nom, le Capitaine Kébec combat Frogueman, un ancien policier de Montréal irrité par le manque de respect que démontre la jeunesse, qu'il qualifie de crottée et de pas d'allure, envers les valeurs traditionnelles. Il est armé d'un fusil qui projette de la soupe aux pois sur ses ennemis et a pour objectif de détruire une station de radio qui diffuse " de la musique de sauvages ". Le combat se déroule dans l'indifférence générale, la police qualifiant les protagonistes de fous en costumes. En fait le seul admirateur du Capitaine Kébec est Christopher, un lecteur assidu de comic books, anglophone comme il se doit, qui lui sauvera la mise. Cette première aventure se termine sur un suspense qui ne sera jamais résolu puisqu'il n'y aura pas de numéro 2 des Aventures du Capitaine Kébec.
Mais ce personnage, devenu mythique, ne pouvait disparaître ainsi. Pierre Fournier y revient donc en 1984 dans les pages de la revue de bandes dessinées Titanic.
À travers ces deux seules véritables aventures du Capitaine Kébec, celui-ci a toujours été un reflet de la société québécoise contemporaine. Dans la première histoire, publiée en 1973, le Capitaine est le produit de la contre-culture. Ce qu'il défend, ce sont les libertés individuelles, le droit au non-conformisme. Dans la seconde en 1984, il est symptomatique que ce soit une femme qui prenne sa place.
Précédé de quelques publicités (notamment dans la revue BD), le premier numéro des Aventures du Capitaine Kébec a été lancé le 11 septembre 1973 durant le " Show de la BDK " qui se tenait à l'Université de Montréal. Réalisé avec la collaboration de Jacques Hurtubise et Réal Godbout pour le scénario, ce comic book a connu un certain succès puisque sur un tirage de 18 000 copies, 12 000 se sont vendues (3 000 copies auraient été distribuées en Europe).
Très populaire dès sa première apparition, le Capitaine Kébec est devenu au fil des ans l'emblème de la Bande Dessinée Québécoise (ne le retrouvait-on pas, parmi d'autres, sur l'affiche de l'exposition que le Musée du Québec présentait en 1997 ?). Espérons que nous reverrons un jour ce personnage attachant et que si Pierre Fournier ne peux pas continuer, quelqu'un prenne la relève. En attendant une réédition des deux aventures du Capitaine Kébec serait la bienvenue et permettrait à une nouvelle génération de lecteurs de connaître enfin ce personnage légendaire.
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