Je suis depuis quelque temps le débat épique qui s'est amorcé sur le site de BDQ. Quelle hargne! Quelle véhémence!... Quelle bassesse! Je n'en peux tout simplement plus de voir, à travers ces inepties, se détériorer le respect tacite qui «semblait» exister entre les diverses chapelles de la 9ième Dimension. «Semblait». Car à lire ces propos, je pense que c'était une hypocrisie tacite qui habitait le milieu. En survivra-t-il?
La tribune qu'offre le forum de BDQ est nécessaire. Qu'un auteur souligne comme l'a fait Jimmy Beaulieu le mercantilisme du milieu de l'édition qui publie vraiment tout et son contraire, quand ce ne sont pas les redites revampées, de luxe (et j'en passe...), je trouve ça sain. Que Marc Pageau se sente interpellé et qu'il le fasse savoir, je trouve ça sain itou. Que Marc Tessier ou d'autres tentent des réflexions sur ce qu'est ou ce qu'ils croient être un artiste, je les suis dans leurs pensées. Je peux même ne pas être d'accord avec tout ça. Je peux même argumenter.
Là où je m'insurge, c'est quand tout ça s'érige en guerre de clocher, en «vendettas» personnelles, en propos disgracieux. Vous n'apportez alors plus rien; ne vous suivent que vos «afficionados».
C'est futile. Et pathétique.
Et vous donnez en plus raison à ces élites qui pensent trop souvent, et vraiment (je ne suis pas loin de le penser également!) que la BD est un art mineur, peuplé d'éternels adolescents boutonneux mâchouillant des propos pas trop relevés...
Dommage que tout ça nous ramène à la case quasi de départ. Dites-moi maintenant la raison d'être d'événements comme le Festival de la Bande Dessinée de Québec, lieu de rencontre et d'échanges. A présent lieu de frictions et de regards assassins? Ce n'est déjà plus un forum, ce sera une arène! Très bédéesque comme image... Les tribuns, européens et québécois (eh, oui, il y en a, mais pas vous !) sur la scène... Et la racaille, les gladiateurs, dans la fosse aux lions, s'étripant! Ça le public aime.
Moi je serai pourtant de la partie, regardant voler les couteaux sans doute, mais confiant, avec d'autres, de pouvoir faire de belles rencontres, d'échanger, de découvrir, de m'enrichir.
Pour les autres qui se profilent un peu trop devant leur oeuvre ces temps-ci, et qui ne m'apportent vraiment que dalle, je vous dis: «Faites la BD, pas la Guerre!», un crayon sur l'oreille, la tête dans les nuages de votre imagination, un p'tit «joint» si ça vous chante... Faites des Bébés (bédés), rendez-les dans leurs grosseurs. Faites-les avec coeur, avec joie, de la façon qui vous convient; la BD, c'est pas fait pour se torcher avec, c'est fait pour être lu et partagé. Salutations!
Robert Julien
(La vie est un long fleuve pas toujours tranquille qui coule parfois à l'envers)